Jerry Rawlings est décédé à Accra, à l’âge de 73 ans, ce jeudi 12 novembre.

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Jerry Rawlings est décédé ce jeudi matin, à l’hôpital universitaire Korle-Bu d’Accra, où il avait été admis une semaine auparavant, selon plusieurs médias ghanéens. Il avait dirigé le Ghana de 1981 à 2001.
Ancien lieutenant de l’armée de l’air ghanéenne, il participe pour la première fois à un coup d’État militaire en mai 1979. Sa tentative échoue, il est arrêté, puis libéré quelques semaines plus tard par un groupe d’officiers. Il organisera un nouveau putsch en juin suivant qui renversera le régime de Fred Akuffo et le portera à la tête du pays.


En septembre de la même année, Rawlings rend le pouvoir aux civils et Hilla Limann devient président. Mais quelques années plus tard, en décembre 1981, Rawlings reprend à nouveau les armes : il renverse le régime de Limann, qu’il estime corrompu, et prend la direction du Conseil provisoire de la défense nationale.
En 1992, après avoir démissionné de l’armée et fondé le National Democratic Congress (NDC), Rawlings engage son pays sur la voie de la démocratisation. Élu démocratiquement en 1992 à la présidence, il sera réélu en 1996 pour un second mandat.

Fils d’un Écossais et d’une Ghanéenne, Jerry John Rawlings fait ses études à l’Achimoto College, puis à l’académie militaire de Teshie. Nommé sous-lieutenant dans l’aviation ghanéenne en 1969, il est promu capitaine d’aviation et devient un excellent pilote. En juin 1979, Rawlings et plusieurs officiers subalternes organisent avec succès un coup d’État militaire. Avec le Conseil des forces révolutionnaires, il dirige le pays pendant 112 jours, au cours desquels plusieurs dirigeants, dont le général Ignatius Kutu Acheampong, sont jugés et exécutés. Rawlings cède alors le pouvoir à un président civil élu librement, Hilla Limann. Ce dernier renvoie rapidement le putschiste de l’aviation.

Rawlings n’en demeure pas moins une figure populaire. Face à l’incompétence du nouveau régime civil qui ne parvient pas à enrayer le déclin de l’économie nationale, il décide, le 31 décembre 1981, de renverser le gouvernement de Limann. Rawlings constitue un Conseil provisoire de la défense nationale pour remplacer le gouvernement et fait emprisonner Limann et quelque 200 hommes politiques. Il crée des comités de défense populaire dans les quartiers, ainsi que des conseils de travailleurs destinés à contrôler la production des usines. 

Lorsque ces structures et diverses autres mesures populistes se révèlent un échec en 1983, Rawlings fait machine arrière et adopte une politique économique conservatrice éditée par le F.M.I. et la Banque mondiale. Il diminue ainsi les subventions et le contrôle des prix afin de réduire l’inflation, privatise de nombreuses entreprises publiques et dévalue la monnaie en vue de stimuler les exportations. 

Cette libéralisation dope l’économie ghanéenne, qui affiche au début des années 1990 l’un des taux de croissance les plus élevés d’Afrique. Rawlings est élu président en 1992, et réélu en 1996. La Constitution lui interdisant de briguer un troisième mandat, il se retire au début de l’année 2001, cédant la présidence à John Kufuor. Il aura apporté la stabilité politique au Ghana tout en gérant l’économie d’une main de maître, mais en laissant se creuser le fossé entre les riches et les pauvres.

Jean Michel

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