Des Ivoiriens meurent de faim.

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Des Ivoiriens meurent de faim, dans la lutte contre le Covid 19. Les mesures restrictives du gouvernement les empêchent de survivre. En effet, dans le cadre de la gestion de la pandémie, plusieurs activités de restauration sont frappées de plein fouet. Les restaurants, les kiosques à café, les bars, les maquis, les vendeuses d’Attiéké et de pains aux abords des routes sont sommés de fermeture, sans aucun soutien. 

Quoique salutaires, les décisions restrictives du gouvernement ne sont pas, jusque-là, accompagnées de mesures sociales sur le terrain. Toute chose qui aggrave, considérablement, la situation déjà précaire de bon nombre d’Ivoiriens. Conséquence directe, des milliers de familles n’ont plus rien à se mettre sous la dent. Auparavant, elles vivaient au jour le jour, dans la pauvreté. Et, aujourd’hui, elles n’ont plus rien à manger. Leur volonté de se plier à la volonté gouvernementale boute sur leur soif de survie. 

Pour elles, le confinement, le couvre-feu et l’interdiction d’exercer toute activité de restauration sont un luxe qu’elles ne peuvent plus se permettre. « Je suis mère de 3 enfants. Je vis seule avec mes enfants. Leur père est allé se chercher à Abidjan, il y a des années. Depuis 10 ans, je vends de l’attiéké et des poissons fumés pour survivre et pour m’occuper de ma petite famille. Au départ, nous avions décidé de respecter les décisions du gouvernement pour notre bien et celui des autres » s’était-elle engagé. Malheureusement, elle n’y parviendra pas. « Mais, voyant mes enfants pleurer de faim, tous les jours, j’ai décidé de reprendre du service. Malheureusement, la police est intervenue un soir pour confisquer toute ma marchandise. La valeur s’élève à 25 000 francs. C’est un prêt que m’avait fait, quelques jours plus tôt, mon voisin afin de mieux m’occuper de mes enfants » a confié tristement Ouattara Mariame, vendeuse d’attiéké poisson fumé (APF) à Bondoukou, en face du Complexe le Bentô.


Dans la cité des mosquées, de nombreuses femmes ont été confrontées à la même situation et ont connu le même sort. Aujourd’hui, recroquevillées à domicile, elles ne savent plus à quel saint se vouer. Elles semblent s’en remettre à Dieu seul.


Qu’en est-il des dons de l’état ivoirien ?
À vrai dire, les populations que nous avons rencontrées n’espèrent plus rien du gouvernement. Effet, la préfecture de Bondoukou a réceptionné, récemment, des dons de vivres et de non-vivres, offerts par le ministère de la solidarité. Mais voilà, au partage final, seulement 11 sacs de riz de 50 kilogrammes ont été acheminés à la mairie de la ville pour être redistribués aux familles vulnérables issues d’une population communale estimée à 120 000 habitants. Un véritable casse-tête chinois pour Koné Hiliassou, maire de Bondoukou. Au final, celui-ci a fait le choix de les offrir aux 12 villages de sa commune. Là encore, il y a problème. 11 sacs de riz pour 12 villages dont la plupart comptent plus de 500 habitants chacun. Véritable don de l’état ivoirien ou simple propagande ? La population s’interroge.
A côté du don du ministère de la solidarité, d’autres dons, constitués essentiellement de kits d’hygiène ont été offerts, depuis le début de la crise, à la population par le conseil régional, la mairie, des élus et des cadres. Mais là encore, les besoins alimentaires des populations n’ont pas été pris en compte. Dans les quartiers, les populations, à bout de leurs économies, pleurent de faim. « Si rien n’est fait, nous mourons de faim avant même que le coronavirus ne frappe à la porte de Bondoukou » s’inquiète Ouattara Daouda.


Où sont passés les cadres et les élus ?
« Pourquoi le Conseil régional du Gontougo et la mairie de Bondoukou tardent tant à apporter, à travers un plan social, un soutien alimentaire approprié aux populations des quartiers et des sous-quartiers ? Pourquoi les élus et les cadres se contentent-ils d’offrir seulement des kits d’hygiène, en laissant la population mourir de faim ? » s’est demandé Gbané Abou, un mécanicien de Moto. 
Certes, le gouvernement a décidé d’appuyer le secteur informel ivoirien. Mais identifier les véritables acteurs de ce milieu caractérisé par l’anarchie, est presque irréaliste. Alors comment pourraient-ils être aidés ? Autant d’interrogations. Pendant ce temps, ça meurt de faim à Bondoukou et, de toute évidence, partout en Côte d’Ivoire.

Alfred Zeus.

Des Ivoiriens meurent de faim, dans la lutte contre le Covid 19 Photo d’archives
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