Conflit entre agriculteurs et éleveurs : Debango (Sorobango), à feu et à sang.

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Debango est à feu et à sang. Les agriculteurs et les éleveurs ont décidé de régler désormais leurs différends par les armes. En effet, excédées par la destruction massive et répétée de leurs biens et de leurs plantations, les populations autochtones (Koulango et Lobi), ont décidé de chasser de leurs terres des milliers de bœufs appartenant à des Peuls, provocant des tirs d’armes à feu, qui ont débuté ce mardi 23 février, autour de 16 heures pour prendre fin à 20 heures 40.

Le bilan partiel fait état d’un mort, de plusieurs blessés et de nombreux dégâts matériels, selon Ouattara Daouda, vice-président des jeunes de Debango. Plusieurs Peuls ont trouvé refuge au domicile de Dagbolo, Kouadio Koffi, chef du village.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Selon Ouattara Daouda, vice-président des jeunes, Bari Oumar, un éleveur peuhl aurait construit un forage destiné exclusivement à ses bêtes à Debango, interdisant l’accès aux habitants du village. Pour les populations, c’est intolérable…

En effet, comme une bombe à retardement, le conflit entre agriculteurs et éleveurs a débuté, il y a 18 années, dans la sous-préfecture de Sorobango, selon plusieurs témoignages, avec l’arrivée des peuls éleveurs.
À Debango, les populations cultivent la terre. Elles produisent de l’igname, du manioc, du maïs et de l’anacarde. Cependant, les habitants du village ont du mal à joindre les deux bouts. La raison, ils partagent leurs récoltes avec des milliers de bœufs toujours affamés.
 
« On distingue environ 60 parcs de bétail comprenant chacun une centaine de bêtes dans la sous-préfecture de Sorobango. Nous vivons dans la faim à cause de nos cultures, sans cesse, détruites par des bœufs », a ajouté le vice-président des jeunes de Debango.

Depuis octobre 2020, les populations de Debango ont entrepris plusieurs démarches auprès de l’autorité sous-préfectorale. À la suite d’une rencontre à la préfecture de Bondoukou, le médiateur délégué du Gontougo a décidé d’offrir 3 tonnes de riz aux victimes. Mais les concernés qui ont perçu ce geste comme une insulte de plus ont refusé le don. De toute évidence, la bombe a fini par exploser.

À 19 heures 30, les forces de sécurité à Bondoukou ont été saisies. Un détachement du bataillon de sécurisation de l’Est (BSE) et un autre de l’Escadron de la gendarmerie ont pris la route pour Debango avec pour mission de ramener le calme.

Jean Michel.

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