Campagne de noix de cajou : Les trafiquants font le malheur des producteurs.

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Les trafiquants de noix de cajou font le malheur des producteurs à Bondoukou. Pourtant, cette année, toutes les conditions semblaient bien réunies pour faire le bonheur des acteurs du monde agricole de la région du Gontougo. Pour des raisons climatiques, les prévisions de production en Inde et au Viêtnam sont à la baisse. Conséquence : l’Asie plus que d’habitude, a besoin de la noix africaine. Et de toute évidence, les prix devraient suivre. 

Les malheurs des producteurs asiatiques de noix de cajou devraient ainsi faire cette année le bonheur de leurs homologues ouest-africains. Et les transformateurs asiatiques de noix brute, qui se fournissent d’habitude, d’abord sur leur marché local, se tournent plus vite que prévu vers l’Afrique de l’Ouest.

Selon RFI, cet intérêt précoce veut dire pour les transformateurs ouest-africains une concurrence accrue avec les acheteurs asiatiques. Ils ne doivent pas perdre de temps, donc, s’ils veulent pouvoir s’approvisionner correctement, car il y a moins de fruit et des fruits plus chers cette année.

Un marché dynamique avec des prix en hausse...
Les prix sont donc repartis à la hausse à l’international et localement. « En Côte d’Ivoire, il y a deux semaines, il était très rare que le prix minimum fixé par l’État soit respecté, alors qu’aujourd’hui il s’impose sur presque tout le territoire », explique Pierre Ricau, analyste en chef de N’kalo.

Bonne nouvelle en principe pour les producteurs qui devraient tirer leur épingle du jeu de cette campagne dynamique. Que ce soit en Côte d’Ivoire ou ailleurs, les prix sont plutôt meilleurs et devraient augmenter. La demande internationale reste toujours forte et explique aussi l’état du marché. Mais les trafiquants de noix de cajou n’ont pas favorisé la hausse du prix aux producteurs à Bondoukou.

Une campagne ivoirienne moins prometteuse que prévue
Aux mauvaises prévisions asiatiques, qui sont le moteur des cours, s’ajoutent en effet des perspectives semblables notamment chez le premier producteur du continent, la Côte d’Ivoire. La première récolte précoce de février n’a pas été excellente. Pire, la quasi-totalité de la production a été frauduleusement exportée vers le Ghana, comme les années précédentes. La deuxième récolte pourrait bien suivre le même chemin.

Les efforts de Soro Dramane, ancien commandant du Bataillon de sécurisation de l’Est (BSE) avaient permis de parvenir à une production annuelle de 120 000 tonnes de noix de cajou .

En effet, la qualité de la noix de cajou de Bondoukou est la meilleure et la plus prisée du marché sous-régional. Mieux la production de la région du Gontougo s’élevait, au départ, à plus de 120 000 tonnes. Les efforts de Soro Dramane, ancien commandant du Bataillon de sécurisation de l’Est (BSE) avaient permis de parvenir à ce résultat. Mais depuis son départ de Bondoukou, il y a 5 ans, la production a considérablement baissé. En 2018, elle frôlait à peine 17 000 tonnes. Et en 2019, elle tournait autour de 40 000 tonnes grâce aux gigantesques moyens de sensibilisation déployés par Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre de l’Agriculture et du Développement rural. Mais le chemin reste encore long pour atteindre la production initiale de 120 000 tonnes du temps du commandant Soro Dramane.

Les trafiquants plus forts que l’Etat
Chaque année, en début de campagne, les forces de sécurité et de défense procèdent à des saisies de camions pour visiblement justifier leur présence sur le terrain. Mais après, aucune action d’envergure ne sera entreprise à l’encontre de trafiquants de noix de cajou qui exportent nuitamment des milliers de tonnes vers le Ghana. À Bondoukou, les trafiquants de noix de cajou connus de tous opèrent librement à ciel ouvert. Très habiles dans la corruption, ils rentrent les mains chargés dans les bureaux et ressortent sans être inquiétés. Ils semblent intouchables.

 Malgré le lancement récemment des travaux de construction de la zone industrielle de Bondoukou par le Conseil du Coton et de l’Anacarde, les trafiquants semblent bien décidé à dépouiller à tout prix l’économie ivoirienne.

Alfred Zeus.

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